En pleine ronde de négociations et sans même avoir consulté les syndicats, le gouvernement fédéral a annoncé tout de go qu’il comptait ramener ses fonctionnaires au bureau quatre jours par semaine à partir du 6 juillet, tandis que les cadres devront y passer la semaine dès le 4 mai.
Cette nouvelle règle est une véritable gifle au visage de ceux et celles sur qui il s’appuie, jour après jour, pour concrétiser ses engagements.
Quoi de plus insultant que d’apprendre que son employeur a changé unilatéralement les conditions de travail en pleine négociation? Rappelons que la majorité des fonctionnaires fédéraux sont actuellement en pourparlers avec le gouvernement pour le renouvellement de leur convention collective.
Changer l’Orientation concernant la présence prescrite au lieu de travail en plein cœur des négociations pourrait aisément justifier des poursuites judiciaires.
Cette annonce survient à peine deux semaines après que la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral a déterminé, dans une affaire opposant les membres de l’AFPC à la Bibliothèque du Parlement, que l’employeur ne peut esquiver la question du télétravail à la table de négociation.
En ce qui concerne les services publics, la vision d’avenir du présent gouvernement est plutôt cynique. Au cours des dernières semaines, le gouvernement de Mark Carney a émis plus de 24 000 avis de réaménagement des effectifs. Rien qu’à l’AFPC, 10 000 membres ont été informés qu’ils pourraient perdre leur emploi. Pour couronner le tout, le gouvernement entend maintenant les forcer à travailler au bureau quatre jours par semaine.
Les contribuables paieront eux aussi le prix de cette décision. Selon ses propres analyses, le gouvernement pourrait épargner six milliards de dollars en laissant des dizaines de milliers de personnes travailler à la maison, ce qui lui permettrait de vendre des édifices et de réinvestir dans la fonction publique. Avec toutes les coupes qui s’en viennent, la population canadienne finira par payer plus pour moins de services, alors qu’il y a d’autres solutions plus économiques.
La décision du gouvernement d’augmenter la présence obligatoire au bureau est irresponsable et l’AFPC fera tout en son pouvoir pour la renverser. À la dernière ronde de négociations, nous avons conclu une entente sur le télétravail, mais le gouvernement continue de l’enfreindre. Cette fois-ci, nous n’emprunterons pas le même chemin. Nous allons nous battre. En cour, s’il le faut. Jusqu’au bout.
Cet article provient du site de l’AFPC.



