Enfreindre la loi au profit des pauses-café : réaction au plan du gouvernement concernant le retour obligatoire au bureau

À l’heure actuelle, vous êtes probablement au courant de la décision du gouvernement du Canada d’obliger le personnel de la fonction publique fédérale, dont bon nombre de nos membres, à retourner au bureau quatre jours par semaine, plus tard cette année.

De toute évidence, cette décision comporte de nombreux problèmes, qui ne peuvent être attribués qu’à un mélange d’étroitesse d’esprit et d’ignorance volontaire :

  • Des dépenses qui n’ont pas de sens : Il en coûte des milliards de dollars au gouvernement fédéral pour entretenir des locaux inutiles qui sont déjà insuffisants pour accueillir son personnel au taux d’occupation actuel. À l’heure où le gouvernement cherche  à récupérer quelques sous ici et là sous chaque coussin du sofa, à quoi bon se soucier des quelques 6 milliards de dollars d’économies estimées quand on peut simplement se débarrasser des fonctionnaires fédéraux et, tant qu’à y être, des services dont dépendent la population canadienne (et ne touchons surtout pas aux primes des cadres). Une bonne gestion financière ? Avec l’économie actuelle ? Voyons donc.
  • Baisse de productivité : l’Agence des services frontaliers du Canada a souligné à plusieurs reprises l’augmentation de la productivité pendant la pandémie de la COVID, lorsque bon nombre du personnel fédéral travaillait exclusivement à domicile. La solution la plus sensée est donc sans aucun doute de revenir à un système moins productif. C’est logique.
  • Plus de trafic : la diminution des déplacements des fonctionnaires signifie moins de véhicules sur les routes et donc des déplacements plus rapides pour toutes et tous (ce n’est pas comme si les transports en commun étaient une alternative viable dans la région de la capitale nationale, le réseau de transport d’Ottawa fonctionnant rarement comme prévu). Sans parler des avantages inhérents au télétravail pour les infrastructures et l’environnement. Mais pouvons-nous vraiment nous attendre à quelque-chose d’autre de la part d’un gouvernement dont la vision d’un « avenir vert » semble surtout consister à faire en sorte que les embouteillages soient principalement composés de véhicules électriques ?
  • Un appui diminué aux employés fédéraux : le télétravail aide nos membres à économiser de l’argent en période de ralentissement économique. À un moment où notre pays est confronté à des défis économiques sans précédent (provoqués en grande partie par les actions hostiles des États-Unis d’Amérique), pourquoi venir piger inutilement dans le portefeuille de nos membres, ceux-là mêmes dont le travail consiste à protéger l’économie canadienne ?

Mais qu’en est-il des aspects positifs de cette décision ? La liste des avantages liés à l’augmentation de la présence au bureau qui en compensent les aspects négatifs doit certainement être longue. Jusqu’à présent, elle semble surtout inclure :

  • Une augmentation des pauses-café sur les lieux de travail.
  • De meilleures ventes de capsules à café individuelles (préférablement fabriquées au Canada).
  • Une armée de gestionnaires armés de blocs-notes qui vous empêchent de faire votre travail.

Une décision illégale

Plus grave encore que l’absurdité manifeste de cette décision, c’est le fait qu’elle est illégale. C’est aussi simple que cela. Une fois qu’un avis de négociation a été signifié, comme cela est le cas pour la plupart des employés du Conseil du Trésor, l’employeur ne peut pas modifier les conditions d’emploi de nos membres (voir l’article 107 de la Loi sur les relations de travail dans le secteur public fédéral).

Soyons clairs : après la débâcle qu’a été la réponse du gouvernement à la grève des agentes et agents de bord d’Air Canada, notre employeur se montre une fois de plus hostile aux travailleuses, travailleurs et syndicats. Dans sa campagne électorale, il les a courtisés ; ses actions actuelles les repoussent.

Le Syndicat des Douanes et de l’Immigration sait désormais à qui il a affaire et est prêt à faire tout ce qui est en son pouvoir pour faire respecter les droits de nos membres. Cette agression ne sera pas tolérée et nous ne l’oublierons pas.

Restez informés en consultant nos réseaux sociaux et en discutant avec vos représentantes et représentants syndicaux. Le SDI et l’AFPC vous tiendront au courant de tout nouveau développement. Nous traversons une période sombre, qui est assombrie davantage par un gouvernement qui ne cache plus sa haine des travailleurs et son intention de bafouer leurs droits. Le SDI s’engage à faire tout son possible pour contrer ses actions.