Le gouvernement fédéral ne peut pas prétendre défendre les emplois au pays tout en minant le droit des travailleuses et travailleurs de se battre pour la sécurité d’emploi, des salaires équitables et des milieux de travail sécuritaires.
Le gouvernement Carney propose des modifications au Code canadien du travail qui auront pour effet de renforcer l’article 107, restreignant ainsi davantage le droit à la négociation collective, et faisant ainsi fi de ce qu’il a entendu des travailleuses et travailleurs dans le cadre de ses consultations publiques.
Toute nouvelle restriction du droit de grève est inacceptable.
Par ailleurs, la possibilité pour le gouvernement de nommer un médiateur spécial dès le début des négociations incitera encore moins l’employeur à présenter sa meilleure offre à la table, et risque de retarder inutilement les pourparlers.
Nos membres en ont fait l’expérience directe : l’établissement d’une commission de l’intérêt public (CIP), mécanisme prévu par la Loi sur les relations de travail dans le secteur public fédéral (LRTSPF), remplit une fonction similaire. Mais comme on le sait, la CIP permet rarement de dénouer une impasse. Au contraire, elle entraîne des retards de plusieurs mois, fait monter la tension et renvoie souvent les deux parties à la table de négociation sans vraiment les rapprocher d’une entente.
Les CIP se sont révélées si inefficaces que la Commission des relations de travail et de l’emploi dans le secteur public fédéral a récemment accepté de contourner le processus. L’AFPC demande d’ailleurs depuis longtemps que les CIP soient retirées de la LRTSPF.
Le droit de faire la grève et celui de négocier collectivement sont tous deux protégés par la Charte canadienne des droits et libertés, et ce n’est pas pour rien. Non seulement ils aident les travailleuses et travailleurs à améliorer leurs conditions de travail et de vie, mais ils contribuent aussi à bâtir des collectivités plus fortes.
Les employeurs disposent déjà d’un pouvoir considérable. Les travailleuses et travailleurs peuvent rééquilibrer ce rapport de force en s’unissant et en débrayant lorsqu’il le faut.
Au cours des deux dernières années, le gouvernement a invoqué l’article 107 à un rythme sans précédent depuis l’ajout de cette disposition il y a une quarantaine d’années. Malheureusement, cette pratique fait pencher la balance en faveur de l’employeur et affaiblit le pouvoir de négociation des travailleuses et travailleurs. Car lorsque l’employeur sait que le gouvernement peut intervenir pour mettre fin à un conflit de travail, il a moins de raisons de négocier une entente équitable dès le départ.
En pleine crise du coût de la vie, le gouvernement devrait protéger les droits des travailleuses et travailleurs plutôt que de s’acoquiner avec les grandes entreprises et les plus fortunés. Les personnes salariées ont besoin d’un véritable pouvoir de négociation pour obtenir leur juste part.
Même si la majorité des membres de l’AFPC sont assujettis à la LRTSPF plutôt qu’au Code canadien du travail, toute attaque contre le droit de grève est une attaque contre l’ensemble du mouvement syndical.
L’AFPC continuera de lutter aux côtés des autres syndicats pour obtenir l’abrogation complète de l’article 107 et protéger le droit de grève de tous les travailleurs et travailleuses.
Si le gouvernement veut améliorer les relations de travail, il doit renforcer l’obligation de négocier de bonne foi et protéger la négociation collective.
Cet article provient du site de l’AFPC.



